Réaliser un service civique après ses études : mon expérience

Réaliser un service civique après ses études

Le service civique, ça te dit quelque chose ? Tu t’y intéresses de loin ? J’ai réalisé un service civique après mes études, voici mon expérience.

Février 2020, je suis diplômée d’un master, prête à conquérir le marché du travail.

Enfin presque. J’étais loin d’imaginer ce qui allait se tramer un mois plus tard : la crise sanitaire. A cette période, le CDI ne me faisait pas rêver. Tout ce qui m’importait était de réaliser un voyage pour clôturer le chapitre de ces cinq belles années d’étude. Je n’avais pas la motivation à candidater et je ne me retrouvais pas dans les offres d’emploi publiées sur Linkedin, Indeed ou JobTeaser. J’avais besoin de voir autre chose, peut-être de faire quelque chose qui a du sens. Gros cliché ou juste une réalité ? Tout le monde souhaite se sentir heureux et épanouie au travail.

En mai 2020, je tombe sur le site du Service civique. Je m’y étais intéressée il y a quelques années, sans jamais aller plus loin dans ma recherche. Je sélectionne “Solidarité” parmi les neufs domaines d’actions proposés et je tombe sur l’annonce suivante : “Contribuer à la lutte contre l’isolement des personnes de plus de 50 ans”. Dans l’annonce, je lis “numérique”, “atelier”, “communication”, “solidarité”, “entraide” et je postule.

Un entretien et quelques semaines plus tard, je passe les portes du siège nantais de l’association Les Petits Frères des Pauvres pour un volontariat de 6 mois.

Le service civique c’est quoi ? 

Logo du Service Civique

Le service civique est un engagement citoyen au service de l’intérêt général. Il est réservé aux jeunes européens de 16 à 25 ans, en quête de nouveauté, de réflexion sur leur avenir professionnel ou tout simplement d’engagement citoyen. Les organismes (association, fondation, mairie, etc.) accueillent les jeunes pour une durée de 6 à 12 mois, sur des contrats de 24h à 35h par semaine. Il n’est ni stagiaire, ni salarié, ni bénévole. En effet, le volontaire n’est pas là pour combler un manque de compétences dans la structure, mais uniquement pour apporter un plus. Le service civique est gratifié à 90% par l’État. Le reste est pris en charge par l’organisme d’accueil.

Quatre raisons de faire un volontariat :

  1. Le volontariat te permet de gagner en compétences et d’apporter une valeur supplémentaire à ton CV. Les recruteurs recherchent ce type de profil, ce n’est donc pas à négliger lors de tes futurs entretiens.
  2. Le volontariat te permet de développer un réseau : une partie de ton service civique est consacrée au développement de ton projet professionnel. Ton tuteur t’épaule et t’accompagne tout au long de ton contrat.
  3. Le volontariat permet de t’ouvrir à de nouvelles perspectives, par ses rencontres, ses missions qui vont au-delà de tes compétences professionnelles, des valeurs que tu reçois et que tu donnes
  4. Le volontariat est une expérience de vie : ta mission doit t’apporter un plus, professionnellement ou personnellement parlant. 

Pourquoi faire un service civique après ses études ?

Dans les grandes lignes, j’ai toujours eu l’envie de m’engager mais je n’ai jamais eu l’occasion ou la réelle motivation d’aller jusqu’au bout de ce projet. Après mes études, l’horizon flou comme jamais à cause de la situation sanitaire, c’était le moment de voir autre chose.

Mon objectif professionnel était de découvrir le secteur associatif et plus particulièrement l’économie sociale et solidaire dans le but d’y construire un réseau de contacts et de m’ouvrir une ou plusieurs porte(s) dans ce secteur.
Dans ce sens, ma tutrice m’a accompagné durant les 6 mois en m’informant sur les structures existantes et en me donnant des contacts de professionnels pour que je puisse échanger avec eux. Bref, c’est une source précieuse d’informations.

J’ai eu beaucoup de liberté sur ma manière de travailler et sur la façon dont je voulais développer chaque projet.

Quelles étaient mes missions ?

Logo des Petits frères des Pauvres

Je travaillais en binôme avec une autre volontaire, Léna, en tant que Chargée de projets numériques au sein des Petits Frères des Pauvres, une association nationale qui lutte contre l’isolement et la précarité des plus de 50 ans. Mon volontariat s’est déroulé à la Fraternité Ouest de l’association, avec des actions régionales : en Pays de la loire et en Bretagne.

Dans le but de lutter contre la fracture numérique, nous mettions en place des temps de soutien numérique pour les bénévoles et les personnes accompagnées. Par ailleurs, nous avons mis en place une enquête interne visant à identifier leurs besoins et évaluer leur niveau numérique. En parallèle, nous étions intégrés à un groupe de travail visant à mettre en place des tablettes connectées dans l’ensemble des équipes de la Fraternité Ouest, en Pays de la Loire et en Bretagne. Au cours des 6 mois, nous avons également mis en place des outils de communication, notamment des tutoriels vidéos pour familiariser les bénévoles aux visioconférences sur Teams.

Au delà de mes missions…

J’ai eu l’occasion d’échanger avec de nombreux interlocuteurs de la structure. Les salariés coordinateurs, qui font vivre les équipes de l’association. Les bénévoles, qui accompagnent de près ou de loin les personnes isolées. Les partenaires, qui aident l’association à se développer et à lui donner davantage de visibilité.

J’ai également eu l’occasion de passer du temps avec les personnes accompagnées, d’apprendre à les connaître et à les écouter. J’ai aussi pu prendre conscience de certaines fragilités par le biais de « Solitud’écoute », une ligne téléphonique mise en place par l’association pour écouter et orienter les personnes en situation d’isolement.

Quelle que ce soit ta mission, tu es libre d’avancer sur les sujets qui t’inspirent et te plaisent le plus. Tu n’as pas d’objectifs précis à atteindre.

Et la question rémunération ?

J’ai signé un contrat de 26h. Peu importe le nombre d’heures réalisées, la gratification de l’Etat est la même : 473€ net et, pour mon cas, 107€ indemnisé par l’organisme d’accueil. Si tu souhaites réaliser une mission en service civique avant, pendant ou après tes études ce point financier est important.

Tu perçois des allocations chômage ? Il faut savoir que le versement des allocations est suspendu pendant la durée de la mission et reprend au terme de celle-ci. Par contre, chaque trimestre réalisé en service civique te permet de côtiser pour la retraite.

Ce que je ne savais pas :

Avant la fin de ta mission, le service civique te demande de réaliser deux formations obligatoires :

  • une formation au PSC1, qui dure généralement une journée : formation qui devrait d’ailleurs être obligatoire pour toutes et tous.
  • une formation civique et citoyenne, qui dure généralement deux à trois journées.
    Pour ma part, j’ai participé à une formation portée sur la thématique « A quoi ressembleront nos vies dans un an ? » par l’association angevine, Un pas de côté.

Qu’est-ce que cette expérience m’a apporté ?

  • Me rapprocher de l’Economie Sociale et Solidaire grâce à un premier réseau de contacts
  • découvrir de nouveaux domaines de compétences,
  • m’éloigner de mon profil de jeune diplômée,
  • m’épanouir et gagner du sens dans mon travail.

Et toi, as-tu aussi réalisé un service civique après tes études ? Qu’est-ce que tu en retiens ? Partage ton expérience en commentaire !

Tu te poses d’autres questions sur le volontariat ? Je te conseille la FAQ du service civique.

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